Procès-verbal Assemblée Générale 2017-2018

 

ASSOCIATION LES AMIS DE FREDERIC BENRATH

 

80 bd Garibaldi, 75015-Paris

 

L’Assemblée générale s’est tenue cette année à Paris chez Sylvie et Jacques Merlino. Comme d’habitude, elle a été suivie d’un buffet qui a notamment permis à ses membres de renforcer leur relation et de poursuivre les échanges engagés au cours de la réunion.

 

59 membres de l’Association sont présents ou représentés sur les 69 membres que compte l’Association à ce jour. Le quorum est donc atteint. Notons que l’Association a toujours autant de membres cette année que l’année dernière.

 

Christopher Lucken, Président, ouvre la séance.

 

Il souligne que commence pour l’Association une nouvelle décennie et précise que l’Assemblée Générale 2017 n’a pas pu se tenir à cause du temps nécessaire à l’organisation de la fête qui a eu lieu le 17 septembre chez Dominique et Pierre Audouin.

 

Il remercie chaleureusement Jacques et Sylvie Merlino d’accueillir l’AG de l’Association.

 

Il salue la mémoire de Geneviève Bonnefoi, créatrice de l’Abbaye de Beaulieu, décédée le 20 février 2018, qui a toujours soutenu l’oeuvre de F. Benrath et qui organisa en particulier à l’Abbaye de Beaulieu une rétrospective de son oeuvre en 1985 (voir Annexe).

 

I Rapport moral

 

Le Président commente brièvement le rapport moral que chacun a pu lire avant et retrace le bilan des événements relatifs à Benrath et du travail de l’Association en 2017.

 

a) Expositions

 

L’oeuvre de Benrath a été exposée à trois occasions en 2017. L’une de ces expositions, celle du Musée de Cherbourg, a été organisée en étroite collaboration avec l’Association.

 

- Exposition organisée pour les 40 ans de Beaubourg à la Fondation Clément en Martinique, où le tableau possédé par le Centre Pompidou était très bien exposé. Un catalogue a été publié à cette occasion : Le Geste et la matière. Une abstraction « autre ». Paris, 1945-1965, Paris, 2017 (cf. reproduction p. 56).

 

- Exposition organisée à partir du 8 octobre 2017 à Nice, avec l’étroite collaboration d’Emmanuel Gérard Benrath, par les Editions Unes, éditeurs qui a publié plusieurs ouvrages auxquels Benrath a participé par des estampes.

 

- Exposition au Musée Thomas Henry de Cherbourg, organisée par la conservatrice Louise Hallet (qui avait présenté son projet lors de l’AG de 2016), activement soutenue par Alice Baxter et dont le travail fut grandement facilité par Emmanuel Gérard Benrath et par l’Association. Consacrée spécifiquement aux oeuvres sur papier (peintures sur papier, estampes et livres), cette exposition extrêmement bien faite et intéressante a obtenu un beau succès. Le vernissage a eu lieu le 15 décembre 2017 et l’exposition elle-même s’est terminée le 11 mars dernier. Un très beau catalogue a été publié à cette occasion : Frédéric Benrath. 1930-2007. L’oeuvre sur papier. Transports de lumière, sous la direction de Louise Hallet, Cherbourg, 2017. Un dépliant et des

 

cartes postales étaient également disponibles. Deux conférences ont été données sur place le 27 janvier, par Alice Baxter sur les liens entre la peinture de Benrath et les écrivains, et par Christopher Lucken sur Benrath, le nuagisme et les nuages, suivies d’une visite guidée, manifestation qui a rassemblé environ 40 personnes. On peut seulement regretter que cette exposition ait rencontré un trop faible écho dans les media nationaux.

 

Alice Baxter raconte à ce propos l’échange qu’elle a eu avec une visiteuse exceptionnelle qui, découvrant l’oeuvre de Benrath, s’exclama « Frédéric B. est pour moi un guide ».

 

b) Fête du 17 septembre

 

Le Président souligne la réussite de la journée du 17 septembre, organisée chez Dominique et Pierre Audouin, pour célébrer les dix ans du décès de Benrath et de la création de l’Association. Il remercie encore Dominique et Pierre pour avoir permis cette magnifique rencontre et rappelle la réalisation du recueil des témoignages qui a été envoyé à tous les membres de l’Association pour les voeux de la nouvelle année 2018.

 

Le rapport moral est mis au vote et accepté à l’unanimité.

 

II Rapport financier

 

La situation à fin 2017 est la suivante : les recettes en cours d’année se sont élevées à 3 092 €, ce qui porte le total des avoirs à 25 877€. Les dépenses courantes sont de 3 609 €, y compris le financement de la fête des 10 ans (pour 2 328€). A ces dépenses, il convient d’ajouter les dépenses d’édition de la monographie qui se sont élevées à 21 100 €.

 

L’association termine l’exercice avec une trésorerie ramenée à 4 260 €.

 

En 2018 nous avons reçu 66 cotisations.

 

A la date d’aujourd’hui, il y a en caisse : 6 445 €.

 

Le rapport financier est mis au vote et accepté à l’unanimité.

 

III Perspectives

 

L’Association s’est donné deux objectifs principaux pour 2018 :

 

1) Exposition au Château de Benrath (Allemagne)

 

Nous avons la chance d’avoir une intermédiaire sur place en la personne de Claire Silberkuhl, qui habite Cologne. Elle est la fille de Françoise Maréchal, elle-même fille de René Déroudille, collectionneur lyonnais qui a beaucoup fait pour l’oeuvre de F. Benrath à Lyon.

 

Claire Silberkuhl, que nous avons déjà rencontrée en septembre 2017 pour parler avec elle de ce projet, sera à Paris entre le 14 et le 20 juillet. Nous devrions pouvoir la revoir à cette occasion pour faire avancer les choses.

 

L’idée que nous avons est d’y organiser – ou d’y faire organiser – une exposition avec un thème particulier lié au lieu et au pays où se trouve ce château : par exemple, Frédéric et l’Allemagne, en soulignant notamment son lien avec le romantisme allemand.

 

Il faut constituer pour ce faire un dossier argumenté. Nous avons déjà le soutien de Pierre Wat, auteur de la monographie sur Benrath et spécialiste de la peinture romantique, qui va nous faire parvenir une lettre officielle. D’autres soutiens institutionnels devraient pouvoir être utiles.

 

Françoise Maréchal prend la parole et explique que le Centre Culturel de Cologne qui gérait les expositions au Château de Benrath a été supprimé et fusionné avec celui de Düsseldorf. Le directeur du Centre culturel d’Essen, qui aurait pu aussi nous aider car il était un passionné de culture française, a pris sa retraite. Mais cela vaut peut-être la peine de le contacter pour avoir des conseils. Les directeurs actuels de ces centres sont jeunes et ont d’autres centres d’intérêt que leurs prédécesseurs. Il y a un problème de changement de génération.

 

Françoise Maréchal rappelle que le château de Benrath est un joli château rococo (cf. ci-dessous), appartenant à deux soeurs, situé entre Düsseldorf et Cologne, et également proche du Musée de Bochum qui a exposé l’oeuvre de René Laubiès.

 

Elle rappelle également que Benrath a exposé à Düsseldorf en 1957, avec René Duvillier, Pierre Graziani et René Laubiès, sous le titre de L’insurrection contre la forme, dans une galerie dirigée par Jean Pierre Wilhem, Ce fut une galerie très active soutenue par Manfred de la Motte, critique reconnu de l’époque qui fut capable d’établir des liens entre la France et l’Allemagne après la guerre. On peut d’ailleurs noter qu’en 2001-2002, Benrath participe avec de nombreux artistes et écrivains à l’exposition …das Meer ist BLAU…, organisée par Manfred de la Motte au Deutschen Meeresmuseums (Stralsund) (cf. catalogue, p. 44).

 

Concernant les liens entre Benrath et l’Allemagne, on peut rappeler le séjour qu’il effectua pendant un an à Berlin, d’août 1963 à l’été suivant, après avoir obtenu une bourse de la Fondation Ford (New York). Benrath y noua de nombreuses relations, y publia des livres d’artiste et exposa plusieurs fois à cette occasion ou dans le prolongement de ce séjour.

 

A la suite de cette discussion plusieurs idées sont avancées. Régis Deroudille pense qu’il faut appuyer sur le fait que Benrath a été inspiré par le passé du lieu et qu’on pourrait aussi organiser un voyage et une manifestation de l’Association au Château de Benrath.

 

Le thème de l’exposition pourrait être élargi éventuellement en associant d’autres artistes.

 

Couverture de la plaquette de Julien Alvard et Stéphane Lupasco consacrée à Benrath, Lyon, 1959.

 

A. C. H. Vernet, Vue du château de Benrath (1806)

 

2) Don d’un tableau au Musée national d’art moderne hébergé par le Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou (Beaubourg)

 

Christian Briend, conservateur au Musée national d’art moderne de Beaubourg, spécialiste des années 1950/1970, avait prévenu de l’intérêt de son Musée pour le tableau intitulé Les correspondances, grande huile sur toile (195x130 cm), datée de 1955 et souvent exposée et reproduite (une reproduction circule pour que chacun puisse en prendre connaissance).

 

On rappelle brièvement l’historique des échanges entre la Galerie dirigée par Sébastien Petitbon et l’Association des Amis du Musée, échanges qui n’ont pas abouti. Ce n’est en effet pas le Musée lui-même qui devait acheter cette oeuvre, mais cette Association.

 

Après discussion entre les membres il est décidé de donner suite à ce projet. 

 

IV Divers

 

Christopher revient sur la suggestion d’Alice Baxter d’organiser un colloque à Cerisy autour de Benrath mais en l’inscrivant dans un cadre plus large pour que ce projet ait plus de chance d’aboutir, par exemple : peinture des années 1950/1960 ; rapports poésie/peinture… Cette piste mérite réflexion et pourra être poursuivie durant l’année en cours.


Julius Baltazar suggère de contacter le Centre Joë Bousquet à Carcassonne et de faire une exposition autour de Benrath et la poésie. Cette proposition apparaît en effet pertinente.


Le Président : Christopher Lucken


Annexe


Article nécrologique de Paul Duchein paru le 6 mars 2018 dans La Dépêche du Midi


Nous venons d'apprendre avec une grande tristesse le décès de Geneviève Bonnefoi, survenu à Paris, dans sa quatre-vingt-seizième année. C'est à elle et à son mari Pierre Brache que nous devons le sauvetage de l'abbaye cistercienne de Beaulieu, acquise en ruines par le couple en 1959.


Le sauvetage


L'abbaye est située sur les bords de la Seye, entre Caylus et Saint-Antonin-Noble-Val. Construite au XIIe siècle, elle fut habitée par des moines cisterciens dès le XIIIe siècle. Abandonnée au moment de la Révolution, elle devint une exploitation agricole; la nef fut occupée par la paille et les charrettes, et le cloître disparut au XIXe siècle. «Pierre Brache et Geneviève Bonnefoi, écrit Jean-Pierre Colle, ancien conservateur, treize années durant, ont mobilisé leurs efforts pour réparer ces accidents de l'Histoire; consolidé ces voûtes inspirées, vestiges d'une foi exilée. Ceci n'était qu'une étape, il fallait aussi que ce bel ensemble, où le végétal et le minéral se confondent, recouvre une vocation à une époque où l'art moderne ne s'échangeait qu'entre un petit nombre d'amateurs éclairés.»


Le centre d'art


Ainsi, dès 1970, est né le centre d'art de Beaulieu, un des premiers de la région. Tous deux, passionnés d'art moderne, avaient une activité artistique. à Paris, Pierre Brache était trésorier des Amis du Centre Pompidou; Geneviève Bonnefoi rédigeait plusieurs ouvrages sur l'art, notamment Un Art subjectif ou la face cachée du monde, Les Années fertiles, ou encore des ouvrages consacrés à des artistes tels que Michaux, Karskaya, Loubchansky, et plus tard, bien d'autres encore, exposés dans l'abbaye, Claude Georges, Benrath, Viseux, Haramburu, sans oublier Serpan qui peignit un triptyque pour le choeur de la nef. Chaque été, devaient être présentées de belles expositions dans la vaste nef ou dans la grande salle des convers, accueillant aussi des concerts. Tour à tour, ont été exposés des artistes célèbres, tel Dubuffet, Vieira Da Silva ou Poliakoff, mais aussi des talents régionaux souvent ignorés. Toutes ces manifestations ont été organisées avec le soutien de l'association Les Amis de Beaulieu et des pouvoirs publics. Le comité d'organisation, dont j'ai fait partie durant de longues années, a vu ses efforts récompensés grâce au dévouement de quelques passionnés, dont Geneviève André-Acquier, qui a déployé ses compétences pour mener à bien ces expositions.


Le devenir de Beaulieu


Geneviève Bonnefoi, qui, après la mort de Pierre Brache, épousa Jean-Jacques Saignes, a fait don de ce lieu historique à la direction des Monuments historiques, devenue direction des Monuments nationaux. Par ailleurs, elle a donné à cette même institution toute sa collection de tableaux afin qu'elle soit présentée en permanence dans les locaux du XVIIIe siècle attenant à l'abbaye, ainsi transformés en musée.


Nous ne pouvons qu'exprimer à Geneviève Bonnefoi notre reconnaissance pour un tel geste qui, outre les bâtiments de l'abbaye, permettra au visiteur de s'attarder devant les oeuvres d'artistes connus ou moins connus, tout en célébrant la mémoire de la généreuse donatrice

  

Les correspondances

  

 

    

 

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1991